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Abdoullah
Un
jeune américain guidé sur le droit
chemin
Américain
d’origine africaine, Jasson devenu plus tard Abdoullah, fit
son entrée dans l’armée américaine après ses études
secondaires. C’est ici qu’il apprit quelques notions
techniques en maintenance, et devint plus tard technicien dans
un atelier de maintenance d’appareils
électroniques.
En
effet, le récit de sa conversion à l’Islam est vraiment
intéressante et étrange. Pendant la guerre du Golfe, Abdoullah
était parmi les soldats américains envoyés à l’Est de l’Arabie
Saoudite. Un jour alors qu’il faisait le shopping dans la
ville de Khoubar, il prit un article dans l’une des boutiques
et s’apprêtait à le payer, et à ce même instant s’éleva d’une
mosquée non lointaine la voix d’un muezzin appelant à la
prière. Soudain le vendeur lui dit: «c’est fini» exprimant
ainsi l’arrêt du commerce, et se précipita à la mosquée,
laissant Abdoullah à la fois surpris et émerveillé; Qu’est- ce
qui aurait poussé cet homme à refuser de prendre son argent?!
Alors qu´aux Etats-Unis, on ne néglige aucune occasion pour
gagner son gain?! Quelle est cette religion dont sa priorité
dépasse le gain aux yeux de cet homme?!
Cet
incident fut le début de
sa considération pour l’Islam, ainsi donc qu´il a
commencé à faire des efforts pour approfondir sa connaissance
sur cette religion, lisant tout ce qu’on lui donnait le
concernant, jusqu’à ce qu’Allah ouvrit son cœur à l’Islam,
d’où sa décision de l’embrasser dès qu’il fit son retour à sa
résidence à New York, après avoir appris quelques principes
fondamentaux de l’Islam à travers certains frères de la place.
Il était ainsi capable d’accomplir ses adorations, de lire le
Coran, et d’appliquer avec fermeté les instructions de
l’Islam, et s’abstenir de ses
interdictions.
Je
n’ai connu Abdoullah que lorsqu’il déménagea pour Détroit et
choisit d’habiter non loin de la mosquée Al-tawhid
o?
je priais régulièrement et dirigeais volontairement ses
affaires, une tâche pas vraiment facile. Nous avions même eu
quelques divergences de vue, mais chacun visant l’intérêt
général, d’où la disparition de notre désaccord. D’ailleurs,
il est très
agaçant d’être en contradiction avec celui que tu rencontres
plusieurs fois par jour dans la maison d’Allah. Je vais vous
relater quelques exemples de ce que je
dis:
Lorsque
j’avais remarqué la régularité d’Abdoullah aux cinq prières
quotidiennes à la mosquée et ses efforts pour l’appel à
l’Islam, je lui ai proposé de faire l’Azân (appel à la
prière). Il a accepté mais à condition que cela se passe sur
la rue hors de la mosquée afin d’atteindre le but même de
l’Azân. Cependant nous étions en pleine négociation avec la
mairie de la ville pour obtenir l’autorisation d’utiliser un
bâtiment comme mosquée des Ahlous Sounnah Wal-Jamaha. Une
réunion était convoquée à cet effet avec les habitants de
ce quartier pour étudier ce sujet. Donc un tel acte
d’Abdoullah pouvait compromettre le résultat des négociations,
surtout que la majorité de ceux–là ne voulait pas laisser un
espace aux musulmans dans leur quartier. Il fallait donc plus
de précaution et de sagesse pour ne pas provoquer une certaine
hostilité contre nous, tout en s’accentuant plutôt à l’appel
de nos frères musulmans qui ne connaissent que peu de l’Islam
et n’appliquent pas ses règles. Ces explications n’ont pas
convaicu Abdoullah qui voulait à tout prix faire l’Azân selon
la législation islamique. Je n’avais de choix que de
l’empêcher et de désigner quelqu’un d’autre pour le faire. Et
je lui ai dit: «C’est moi qui aurai à faire face pendant la
réunion prochaine aux habitants du quartier et au comité
chargé de donner le permis de bâtir, alors d’autres frères et
toi, après vos prières, vous retournerez en toute sécurité,
libérés des soucis et des problèmes qui m’opposent avec
les gouvernants de la ville». En ma connaissance, il n y a
qu’une mosquée aux Etats-Unis qui a pu obtenir – après des
longues négociations – l’autorisation de la Justice de faire
l’Azân sur les hauts-parleurs. Il s’agit de la mosquée de
«Dearborn» dans la province de «Michagan», surtout que les
habitants autour de la mosquée sont en majorité musulmans en
provenance de Yémen.
Un
jour Abdoullah m’a demandé les clefs de la mosquée que je lui
ai refusées, puisqu’elles étaient limitées, et le fait de
multiplier d’autres clefs engendrait l’augmentation du taux
d’assurance sur le bâtiment de la mosquée. Mais Abdoullah ne
m’a pas compris, il s’en est allé mécontent.
Une
autre fois, Abdoullah m’a demandé l’autorisation de loger son
hôte à la mosquée. «Pourquoi ne le loges-tu pas chez toi?»
Demandais-je à Abdoullah. Il m’a répondu que sa maison était
étroite et qu’il était marié. Je lui ai donc proposé de m’en
charger de son hôte en le logeant chez moi ou à l’hôtel pour
la sécurité de la mosquée, surtout que si j’autorisais cela à
une première personne, je ne pouvais refuser à d’autres, et il
pourrait y arriver des choses inattendues. Mais Abdoullah
s’est énervé et s’est plaint contre moi à plusieurs frères,
bien qu’il continua toujours à accomplir régulièrement ses
prières à la mosquée.
Au
fil des jours, Abdulhah a mémorisé une bonne partie du Coran
et le récitait bien, comme il a appris aussi quelques notions
de fikh (Jurisprudence islamique) grâce à ses nombreuses
lectures. Je lui
ai donc proposé de diriger les prières à la mosquée. Il l’a
accepté. Cependant il aimait lire des sourates qu´il a
nouvellement mémorisées, d’où ses nombreuses erreurs gênant
les frères à la mosquée qui m’ont saisi à cet effet. Je lui ai
demandé de ne réciter dans la prière que des sourates qu´il a
bien maîtrisées après
me les avoir fait écouter dorénavant. Il accepta cela
avec joie. Ainsi il a perfectionné davantage sa lecture, et
nos incompréhensions se dissipèrent
En
outre, l’attachement d’Abdoullah à la sunnah (Traditions
prophétiques) lui avait apporté beaucoup de biens, malgré que
dans ses débuts, certains de ses efforts n’étaient pas bien
étudiés. Après avoir appris une Sunnah, il se précipitait à
l’appliquer, sans aucune contrainte. Il dirigeait les prières
avec des sourates longues, suivies de la sourate Al-Ikhlass,
suivant ainsi –selon ses explications - un des compagnons du
Prophète. Mais les fidèles étaient mal à l’aise, surtout
pendant la prière d’Icha qui, pendant l’été, se faisait très
tardivement. Et malgré que je lui ai fait ces remarques et lui
ai souhaité de limiter la sourate Al-Ikhlass à la deuxième
rakate, il persista de faire ce qu’il voyait correct et
soutenu par le hadith.
Dans
le même ordre d’idées, je l’ai vu se coucher sur son flanc
droit dans la mosquée après l’Azân de la prière de Fadjr.
Inquiet, je me suis approché de lui, pour savoir s’il était
malade ou fatigué. Il m’a répondu qu’il était bien portant, et
était entrain d’appliquer la Sunna du Prophète (r)
qui faisait de cette manière à ce moment
précis.
Quant
à son comportement avec sa famille, il était très exemplaire.
D’ailleurs sa femme, sa belle sœur et son beau frère se sont
islamisés grâce à ses efforts. Il éduquait ses enfants à lire
le Coran avec psalmodie et à accomplir régulièrement les
prières quotidiennes à leurs temps. L’aîné de ses enfants, qui
à sept ans , avait mémorisé beaucoup du Coran, sous sa
supervision. Il l’amenait aussi régulièrement aux prières
quotidiennes, voir même la prière de Fadjr, pendant la période
hivernale, ou pendant l’été oþþ?þ la prière se faisait très tôt. Après la
prière, il s’asseyait avec lui pour lui apprendre le Coran. Je
ne connais personne parmi les fidèles qui amenait un enfant à
cet âge à la prière de Fadjr, surtout pendant l’hivers.
Lorsque j’admirai ce petit, je voyais en lui le comportement
et l’engagement qu’on ne pouvait voir sur les enfants de son
âge, dans ces pays de Koufr, (infidélité) avec tous les effets
néfastes des médias, des écoles et autres. Et il lisait aussi
bien que son père.
Bien
après, Abdoullah est devenu responsable de la prière dans la
mosquée, et a obtenu des copies de ses clefs. Avec son contact
et son apprentissage chez certains frères, il est devenu apte
à prononcer le sermon de vendredi, raison pour laquelle je
l’ai désigné pour cela. Il l’a refusé donnant comme argument
qu’il ne possédait
que peu de connaissance. Mais lorsque j’ai beaucoup
insisté, il l’a accepté et a préparé un bon sermon qu’il a lu
avec éloquence, ce qui lui prévalu d´être félicité. C’est
ainsi qu’il pourra désormais faire le sermon soit dans sa
mosquée, ou dans une autre , sous notre direction, tout
ceci avec volonté, sincérité et courage. Et pour ses qualités,
beaucoup des fidèles de la mosquée ont sollicité qu’il dirige
régulièrement la prière du Vendredi, puisqu’ils aimaient
suivre ses sermons basés des références du Coran et de la
Sunna et sa bonne lecture du Coran. Nous rassemblions plus de
dons le vendredi qu’il dirigeait la prière que dans d’autres.
Ceci était - peut être - le signe d’acceptation.
J’avais
l’habitude de présenter aux fidèles l’Imam qui devait
prononcer le sermon du Vendredi pour sa première fois. J’ai
donc rappelé après ses premiers sermons comment il s’était
islamisé, ses efforts et son application des principes
islamiques, le bon comportement de son enfant qui
l’accompagnait régulièrement à la prière de Fadjr. Et cette
présentation l’aurait rendu mal à l’aise, parce qu’il
considérait cela comme un éloge envers sa modeste personne et
que le Prophète (r)
a interdit de faire l’éloge de quelqu’un devant lui. Je lui ai
fait savoir qu’il fallait voir d’autres hadiths qui incitent
de donner aux gens ce qu’ils méritent, et que le Prophète (r)
a fait l’éloge de certains de ses compagnons et d´autres
tribus selon leurs mérites montrant ainsi leur valeur, et
encourageant le bien.
Il fallait donc voir tous les hadiths et le contexte de
chacun d’entre eux. Et la communauté a besoin de
connaître
son interlocuteur et ce qu’il a du bien, afin d’être convaincu
de ses paroles. Il semble qu’Abdulhah fut convaincu de mes
propos.
D’ailleurs
la prochaine fois après la prière, j’ai fait savoir à
l’assistance que ce que j’avais dit de lui n’était pas un
éloge, mais plutôt une présentation. C’est ainsi que le frère
Abdulhah et un autre frère sont devenus des responsables de la
mosquée, et la dirigeaient parfaitement lors de mon absence.
Une
fois encore, alors que je lisais le Coran à la mosquée après
la prière, Abdulhah et un frère ont fait leur entrée à la
mosquée, je me suis levé pour les saluer puisqu’ils revenaient
du Hajj, et je les ai convié à dejeûner avec moi, afin d’avoir
les nouvelles récentes du Hajj. Abdulhah s’est excusé en
disant qu’il n’avait pas encore rencontré sa famille, qu’il
s’était dirigé directement à la mosquée dès son
retour pour prier avant d’aller à sa maison comme le faisait
le Prophète (r)
lorsqu’il revenait du voyage. En ce moment, je me suis demandé
qui parmi nous , musulman
de naissance,
pratique cette Sunna du Prophète (r)?
Abdoullah
avait aussi commencé à apprendre la langue arabe, dans l’une
des facultés de sociologie o? enseignait un des étudiants
musulmans. Actuellement, il s’exprime bien en arabe car il a
apprit son syntaxe et sa morphologie, ajouté à cela qu´il
mémorise beaucoup des Sourates du Coran et des Hadiths. Il
prononce les sermons du Vendredi deux fois par mois, et
appelle à l’Islam dans les milieux non-islamisés. Voici
comment ce jeune homme qui n’est pas allé au-delà du
secondaire, a pu accumuler toutes ces fonctions, les faisant
avec engagement, sincérité et endurance.
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